Lignes de fuite

Je cherche à capturer les instants où la ville dévoile une poésie discrète, souvent ignorée. À travers le noir et blanc, j’essaie de mettre en lumière ce qui reste habituellement dans l’ombre de notre quotidien. Dans cette série, ce sont les pigeons qui prennent la scène. Compagnons invisibles de nos rues, ils évoluent entre murs, marches et fils, dans un décor qui ne leur appartient pas, mais qu’ils habitent avec souplesse. Je voulais montrer ce contraste : l’opposition entre l’architecture rigide des villes et le mouvement libre des oiseaux. Par le jeu des formes, des ombres et des silences, ces images racontent une autre vision de la ville. Entre un envol figé, une attente tranquille, une silhouette floue ou un regard direct, chaque photo rappelle que même au cœur du béton, la vie trouve toujours une trajectoire. Ce sont des scènes simples, presque banales. Mais à y regarder de plus près, elles parlent de liberté, d’adaptation, et peut-être de nous.